Ce jeudi 4 juin 2026, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a fixé le taux de référence quotidien à 130,5446 gourdes pour un dollar américain.
Ce chiffre, en légère hausse par rapport à la veille, confirme la pression persistante sur la monnaie nationale face au billet vert. Sur les marchés parallèles, le taux effectif des transactions dépasse souvent ce seuil officiel, atteignant parfois 132 gourdes.
Les opérateurs économiques observent avec attention cette tendance, en pleine période de soudure agricole et de baisse des transferts diasporiques. Une gourde plus faible renchérit mécaniquement les produits importés riz, sucre, farine, mais aussi carburants.
En conséquence, l’inflation annuelle devrait rester au-dessus de 22 % en juin, pénalisant le pouvoir d’achat des ménages. Les commerçants ajustent déjà leurs marges dans les marchés de Port-au-Prince, Cap-Haïtien et Les Cayes. Du côté des exportateurs, notamment le secteur textile et les produits agricoles de contre-saison, cette dépréciation offre au contraire une compétitivité accrue.
Cependant, les importateurs de matières premières pour l’industrie locale subissent de plein fouet l’augmentation de leurs factures en gourdes. La BRH intervient sporadiquement par des injections de devises, mais ses réserves demeurent limitées.
Les envois de fonds depuis les États-Unis et le Canada, bien que stables en dollars, perdent en valeur réelle pour les bénéficiaires haïtiens. À l’approche de l’été, les analystes prévoient une fourchette oscillant entre 130 et 135 gourdes pour un dollar.
Le gouvernement appelle à la prudence et à la traçabilité des opérations de change. Pour le citoyen moyen, chaque dollar coûte désormais plus cher, réduisant un peu plus la capacité d’épargne et de consommation.
Une vigilance macroéconomique s’impose pour éviter une spirale de dévalorisation.

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